Fort Pâté

La construction du fort Pâté

Le fort Pâté est implanté sur une île au milieu de l’estuaire de la Gironde. Avec la citadelle de Blaye et le fort Médoc, ils permettent par le croisement de leurs feux de bloquer le passage des bateaux et dissuader l’ennemi de tout passage en force. Le sol de l’île étant instable, le projet de Vauban est délaissé au profit de celui de l’ingénieur Ferry, qui, grâce à un soubassement en pin et un bâtiment adapté, pris en compte les éléments naturels. En effet, le poids de l’ouvrage maçonné prévu par Vauban aurait pu entraîner l’enfoncement du sol de l’île. Sa construction débute entre 1690 et 1693. La tour de plan elliptique est surmontée d’une plate-forme d’artillerie pouvant accueillir une quinzaine de canons, ainsi que d’un magasin à poudre et un logement pour une garde de 100 hommes au besoin. Une porte au sud, précédée d’un pont-levis permet d’entrer dans le fort au travers d’un sas percé de huit meurtrières. Un couloir annulaire voűté ceinture la totalité du fort et est percé de 32 bouches à feu. Il sert aussi de lieu de logement pour la centaine de soldat qui peut y être accueillie. Au nord, un sas doté de deux puits donne accès à la poudrière voűtée à l’épreuve et située au centre de la plate-forme. Deux échauguettes se trouvent aux extrémités du fort.

Le fort Pâté du XVIIIe au XXe siècle

Dès le début du XVIIIe siècle, les éléments naturels menacent la construction du fort. En 1705, il s’enfonce d’environ neuf pieds et la surface du banc de sable diminue progressivement au fil du siècle. Afin de remédier à ces problèmes, les berges de l’île sont renforcées entre 1726 et 1730 par une armature en bois. Dans cet environnement humide, les maladies infectieuses se multiplient. Afin de ne plus mettre en danger les soldats, le site est délaissé à la fin du XVIIIe siècle.
Officiellement déclassé en 1934, le fort est inscrit au titre des Monuments historiques en 1935, puis classé en 2013. Acheté par un propriétaire privé en 1948, le fort sort indemne d’un incendie qui ravage l’île en 1961.

Fort Pâté

Fort Pâté
45° 7' 3.7578" N, -0° 40' 42.4153" E

Type
tour d’artillerie
Ingénieurs
Sébastien le Prestre de Vauban, François Ferry
Département
Gironde
Région
Nouvelle-Aquitaine
Bibliographie
  • COLAS (P.), Blaye, citadelle, boulevard du château, étude préalable, Bordeaux, 1991.
  • COUTURA (J.), « Vauban à Blaye », in Les cahiers du Vitrezais, Paris, 1983, n°43.
  • COUTURA (J.), « Quelques notes pour servir à l’histoire de la citadelle de Blaye, de Fort Pâté et Fort Médoc » in Les cahiers du Vitrezais, Paris, 1983, n°46.
  • COUTURA (J.), « La construction du fort Pâté au milieu de la Gironde (1689-1693) » in Revue archéologique de Bordeaux, Bordeaux, 1991, t. LXXXII.
  • Dossier de presse, candidature au patrimoine mondial de l’humanité, Cussac-Fort-Médoc, 2005.
  • FAUCHERRE (N.), « La citadelle de Blaye », in Congrès archéologique de France, Paris, 1990, 145e session.
  • WARMOES (I.), Le musée des plans-reliefs, Paris, 1997, p.58.
Plan de l’île Saint-Simon ou île devant Blaye, Bibliothèque nationale de France, département Arsenal, MS-6439 (163).
Vue aérienne du fort Pâté, GoogleEarth, 30/07/2010.