Nice

Nice de l’Antiquité au XVe siècle

Ville d’origine antique, les premières fortifications connues de Nice datent du XIe siècle. Au XIVe siècle, l’enceinte et le château atteignent leurs plus grandes extensions. Lorsque le comté de Nice est rattaché au duché de Savoie en 1388, le mécontentement de la France alimente un contentieux de frontière qui dure plusieurs siècles et ne sera résolu qu’en 1860 lors de son annexion à la France. Dans ce contexte, le gouverneur savoyard Nicod de Menthon remanie le château en 1437. Mais ces travaux se montrent insuffisants face aux évolutions de l’artillerie.

Les premières fortifications modernes

Le duc Charles II de Savoie ordonne l’édification des premières fortifications modernes à partir de 1517. L’architecte André Bergante de Vervua construit ainsi trois bastions, dits Saint-Charles, Saint-Victor et Saint-Paul, autour du château qui devient une citadelle. Ces premiers ouvrages, semblables à des tours, sont des édifices de transition. Le système défensif est perfectionné entre 1560 et 1580 par les ingénieurs Boiero, Paciotto et Vitelli, sur ordre d’Emmanuel-Philibert Ier de Savoie. Un ouvrage à corne comportant deux bastions à orillons est bâti devant les tours Saint-Victor et Saint-Paul et les courtines du château sont abaissées. L’enceinte de la ville est transformée à partir de 1543. Le tracé est rapproché de la mer au sud et remonté vers le fleuve du Paillon au nord, englobant ainsi une superficie plus importante. En 1557, le fort du Mont-Alban est projeté pour contrôler la hauteur dominant Nice et le col reliant cette dernière à Villefranche-sur-Mer. Il forme un carré de 40 mètres de côté à quatre bastions d’angle. Les bastions sont dotés d’échauguettes et de casemates pour le logement des soldats. Pour y entrer, il faut franchir un escalier coudé puis un pont levis percé dans le front est. Sa garnison ne dépassait pas 50 à 70 hommes.

Nice au XVIIe siècle

Le XVIIe siècle procède à quelques ajouts pour d’ultimes perfectionnements. La citadelle reçoit trois lunettes avancées : deux devant l’ouvrage à corne, dites de Sainte-Croix et Saint-Jacques, une troisième dite de Saint-Jean qui protège le chemin d’accès et un chemin-couvert. L’enceinte urbaine est également doter de deux bastions pour couvrir les portes Pairolière et Marine. Ces travaux sont réalisés à partir de 1677 à la demande du cardinal Maurice de Savoie, gouverneur de la ville et du comté de Nice.

Le projet de préservation des fortifications de Vauban

Vauban visite Nice pour la première fois en 1693, deux ans après sa prise par les Français durant la Guerre de la Ligue d’Augsbourg. Il préconise de garder les fortifications niçoises et de les améliorer au lieu de les détruire. Il donne le même conseil en 1706 pendant la Guerre de Succession d’Espagne. Mais Louis XIV l’entend autrement et envisage ni plus, ni moins, la destruction des fortifications de Nice.

La démolition de la place forte

En 1706, après leur défaite à Turin, les Français reprennent Nice. Ils ont toujours le souhait de démolir les fortifications. Une offre publique de promotion immobilière est immédiatement réalisée pour poursuivre les chantiers de démolition qui s’achèvent vers 1715-1723. Durant cette période, le fort du Mont-Alban ne subit pas de modification.
Devant la menace qui militarise sa ligne de crête, la France saisit le danger et réplique en faisant construire entre 1880 et 1900, sous l’impulsion de Séré de Rivières, une multitude de forts, casemates et batteries le long des montagnes du Mercantour, depuis l’Authion jusqu’à la côte sur les hauteurs de Nice.

État actuel

Il ne subsiste plus d’élément des fortifications de Nice. Des quartiers neufs, des boulevards et une gare ferroviaire ont réoccupés leurs emplacements. Le rocher de la citadelle est transformé en parc urbain. Le fort du Mont-Alban, conservé intégralement, est cédé à la ville de Nice en 2007 par le Ministère de la Culture. Témoignage de la fortification bastionnée savoyarde, c’est l’un des rares forts du XVIe siècle qui nous soit parvenu sans modification postérieure. Accessible au public, il est désormais ouvert tous les étés. Il est classé au titre des Monuments historiques depuis 1909.

Nice

Nice
43° 41' 56" N, 7° 16' 17" E

Type
enceinte, citadelle et fort détaché
Ingénieurs
André Bergante de Vervua, Boiero, Francesco Paciotto, Ferrante Vitelli, Sébastien le Prestre de Vauban, Raymond-Adolphe Séré de Rivières
Département
Alpes Maritimes
Région
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Bibliographie
  • ADGE (M.), CATARINA (D.), CROS (B.) PASSET (C.) et RIBIERE (H.), La route des fortifications en Méditerranée, Paris, 2007.
  • COSTAMAGNA (H.), « Nice : ses remparts et son château » in Vauban et ses successeurs dans les Alpes maritimes, Paris, 2004, p.45-59.
  • LETTRE (B.), « Le fort du Mont-Alban » in Vauban et ses successeurs dans les Alpes maritimes, Paris, 2004, p.153-156.
Nice et sa citadelle, plan de 1694, Krigsarkivet, Stockholm.
Vue aérienne de Nice, GoogleEarth, 21/08/2010.